• Info - "véhicules" 5 continents édition/collection de l'art brut 2013, Milan/Lausanne
    -"collection ABCD, Paris"
    -"L'aracine et l'art brut" Madeleine Lommel, Z'éditions, Nice, 2009
  • Bio

    Issu d’une famille de cheminots mais ne pouvant intégrer cette corporation, David Braillon (né en 1975 à Dreux, France) éprouve une fascination pour les trains. Il collecte des revues spécialisées pour suivre l’évolution des matériels et machines ferroviaires et les dessine inlassablement, vus de profil, comme pour en dresser l’inventaire. Le premier élément remarquable dans l’œuvre de Braillon est tout d’abord le support. Il utilise des papiers d’écolier à petits carreaux, quelquefois perforés qu’il juxtapose à l’aide de papier-collant – jusqu’à 6 feuilles pour les plus grands formats – sur lesquelles il va dessiner ses « lignes de chemins de fer » superposées et parallèles. Cette trame invariable, qui figure à la fois les rails et les lignes électriques va déterminer le nombre de trains. Ceux-ci exécutés avec minutie se reconnaissent à des éléments caractéristiques : la couleur orange des trains « Corails » ou bleu du TGV Atlantique, dans cet univers où aucun humain n’est représenté il explicite le contenu de certains wagons de marchandises en inscrivant des marques publicitaires ou des indications comme « gaz », « minerai », « bovin » etc.

    Ces trains, dont le mouvement est quasi absent, semblent sans point de départ, sans gare d’arrivée ; la répétition et l’aspect infini donnent un air étrange à cette œuvre qui est plus qu’un inventaire. Tel un cheminot, Braillon réalise ses panneaux et compose ses rames de train, les séparant par des tampons ou des feux d’aiguillages, comptabilisant, par ailleurs, le temps nécessaire à la réalisation de ses panneaux, « quatre mois pour faire 500 wagons et plus de 300 machines », gérant sa production feuille à feuille « Panneaux de 2 feuilles », « Panneaux de 3 feuilles », « coloriage 1 panneau par jour ». Et, quand il lui arrive de vendre sa production, il en calcule le prix sur un taux horaire, justifiant un écart par la présence d’heures supplémentaires.

    Il résulte une inquiétante étrangeté, mélange de froideur naïve et de concision, de cet homme au travail pris dans le vertige d’une entreprise de production et d’agencement de l’immobile, reflet de son époque où la notion « d’être au travail » oscille entre les réalités les plus dures et les notions les plus virtuelles. David Braillon, tour à tour, salarié et exploitant de ses propres rêves. Christophe Boulanger

    Born to a railway family but unable to become a railway employee himself, David Braillon,(born in 1975 in France) is in a case fascinated by trains. He collects specialist magazines  to follow the evolution of materials and locomotive stock and he incessantly draws train  profiles almost as if wising to take an inventory of them. 

    The first significant point of note in Braillon's works is shown by he material he uses, in this  case pages from school exercise books, overlapping and stuck together with sticky tape for  the largest picture, on which he draws his "railway lines" on top of each other and parallel.  This unchanging system made up of railway and electric lines determines the number of  trains which are reproduced in the smallest details and recognisable by some particular  elements; "Corail" trains are orange and TGV Atrlantique are blue. In this universe where  they are no people, Braillon draws the contents of goods trains, adding the appropriate  publicity logo or indications, for example "gas" or "minerals", "livestock" and so on. Like  a railway worker, Braillon creates his design and convoys separated by buffers and lights  also sometime of the time they took to create; Four months to create 500 wagons and  more than 300 engines, managing their producion page by page : "2 page picture", "3 page  picture", "coloring of one picture per day." Whenever he sold anything the price was calculated according to the hours of works,  justifying anything thrown out with overtime hours. These trains seem to lack any movement as well as points of departure and arrival;  repetition and the aspect of infinity, the mingling of a certain "naive" conciseness give  something strange to this work which is more than an inventory. Like a man at work, pushed  by the "vortex" if a production job and the linking together of the immobile, David Braillon  on the one hand acts as a paid-employee and on the other as if he is exploiting his own  dreams. Christoph Boulanger